Tout sur l’accouchement avec la péridurale

July 25, 2019

Quand la question concerne l’accouchement il est facile de distinguer trois groupes de femmes : celles qui sont opposées à la péridurale, celles qui n’imaginent pas d’accoucher sans la péridurale et les indécises. Cet article est dédié à la péridurale et pourra j’espère réconcilier ces trois groupes de femmes en donnant de plus amples connaissances sur le sujet. Je ne suis pas pour la médicalisation de l’accouchement, mais par mon propre expérience je sais qu’il peut y avoir des situations où c’est indispensable. S’informer c’est de se préparer pour toute éventualité ! 

 

 

Péridurale – c’est quoi ?

La procédure

Les indications

Les contrindications

Risques et effets secondaires

Mon expérience

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Péridurale – c’est quoi ?

 

 

La péridurale est une technique d’anesthésie locorégionale utilisée lors d’un accouchement afin d’atténuer ou supprimer la douleur. Cette méthode est très efficace. Cette anesthésie engourdit les nerfs et désensibilise temporairement la zone du corps où elle est pratiquée ce qui rend les contractions plus supportables, rappelant de légères pressions au niveau de l’abdomen.

 

Il existe 2 techniques de l’administration de la péri :

1 – injection d’une dose unique d’anesthésie qui agit plus longtemps

2 – l’option la plus courante : la mise en place du cathéter (petit tuyau souple) qui permet des injections en continue sans avoir à refaire des piqures

 

La seconde technique permet à la future maman d’injecter du produit dès qu’elle le souhaite simplement en appuyant sur le dispositif de pompe. Cela permet de mieux contrôler l’anesthésie et de ressentir davantage le passage du bébé. Après l’accouchement le cathéter est retiré et les effets de l’anesthésie s’estompent et disparaissent dans les heures qui suivent.

 

 

La procédure

 


Avant même le début du travail, 4 à 6 semaines avant le terme toute femme enceinte doit passer en consultation avec un médecin anesthésiste afin de s’informer sur les indications et les contrindications concernant la péridurale, même si elles ne souhaitent pas en avoir durant l’accouchement. La procédure est telle que chaque femme enceinte doit signer une autorisation de pratiquer l’anesthésie s’il le faut. Lors de cette consultation le médecin prend connaissance des antécédents médicaux et vérifie la possibilité d’administrer la péridurale.

 

Le jour de l’accouchement, en accord avec la patiente (jamais sans votre accord !) le médecin anesthésiste décide de pratiquer la péridurale lorsque les contractions sont rapprochées et douloureuses et que le travail est en route. L’anesthésie est effectuée en position allongée sur le côté ou en position assise sur le rebord du lit avec le dos bien rond et le menton bien rentré. Le médecin anesthésiste applique un désinfectant ou un anesthésique local dans le bas du dos et réalise une des 2 techniques possibles. Il place une aiguille stérile de guidage entre la 3me et la 4me vertèbre lombaire pour poser un cathéter, puis la retire en laissant le cathéter dans le dos tout au long de l’accouchement.

 

Le produit injecté va agir au bout de 10 minutes, il faudra 20 à 30 minutes pour calmer la douleur et soulager la femme enceinte. Elle pourra injecter des doses dès que la douleur réapparait. De cette manière la future maman garde le contrôle de la douleur et de ses sensations.

 

 

Les indications

 

La péridurale est indiquée pour les cas suivants :

- Pour un accouchement sans douleur par voies naturelles, surtout pour les cas difficiles (jumeaux, présentation par siège, accouchement en déclenchement…)

- Pour les opérations en césarienne : la future maman peut assister à la naissance de son enfant et prendre son bébé dans les bras

 

Mis à part ces indications il existe d’autres raisons qui peuvent motiver l’accouchement sous la péridurale :

- La péridurale n’empêche pas l’allaitement

- Cette anesthésie n’a aucun effet sur le bébé même s’il la reçoit en quantité minime par le sang maternel

- Il est possible de ressentir le bébé descendre et l’envie de pousser pour expulser le petit : il faut tout simplement le préciser à votre anesthésiste

- Quand le travail est long s’est une solution parfaite pour garder de l’énergie pour l’expulsion du bébé

- La péridurale est 100% remboursée par la Sécurité Sociale

 

 

Les contrindications

 

Il est interdit de pratiquer la péridurale dans les 3 cas suivants :

- Hémorragie

- Troubles de coagulation et prise de médicaments anticoagulants

- Hypovolémie (baisse du volume du sang)

 

Il n’est pas possible de bénéficier de la péridurale si :

- Maladies cardiaques

- Travail déjà trop avancé

- Fièvre ou tout autre état infectieux

- Infection de la peau au niveau du dos

- Malformation de la colonne vertébrale

 

 

Risques et effets secondaires

Sous la péridurale les femmes enceintes sentent moins les contractions, elles sont parfois moins réactives et n’arrivent pas à pousser de manière suffisamment efficace. L’accouchement sous péridurale s’éloigne donc de son objectif qui est d’accoucher soi-même. Car trop dosée, la péridurale bloque la production d’hormones naturelles liées à l’accouchement, surtout celle qui déclenche le réflexe à pousser. Dans ces cas suite à l’incapacité de pousser de manière efficace le recours à la ventouse et aux forceps augmente. Les risques d’épisiotomie sont forts. Il arrive que la péridurale bloque la sensation de besoin d’uriner, il faut alors poser une sonde urinaire.

 

Il existe les effets secondaires possibles :

- Maux de tête 12h à 24h après l’injection

- Rétention d’urine transitoire

- Démangeaisons

- Frissons et tremblements

- Fourmillements dans les jambes

- Réaction allergique au produit

- Difficulté à bouger les jambes

- Baisse de la pression artérielle

- Sensation de chaleur dans le bas du corps

- Douleur du dos au niveau de l’endroit de l’injection

 

 

 

Petit mot concernant mon expérience

 

 

Ma décision d’accoucher sous péridurale a été prise en cour d’accouchement. Etant donné que la durée de travail excédait 18h et qu’il n’y avait pas d’ouverture suffisante pour passer à l’étape suivante, la péridurale allait m’aider à rétablir mes forces et à me reposer avant le travail d’expulsion.

 

L’anesthésiste s’est rapidement présentée dans ma chambre à ma demande, malgré le fait que j’avais annoncé auparavant mon refus d’être anesthésiée. On m’a demandé de m’assoir sur le bord du lit, bien courber le dos et pencher la tête en avant de manière que mon menton colle à mon torse. Mon mari a été prié de quitter la salle. Une infirmière me tenait les mains alors que le médecin ma désinfecté le dos et m’a prévenu : « ne bougez surtout pas. Je vais introduire l’aiguille dans la colonne vertébrale. Ça va piquer un peu, mais n’avancez pas ! Restez stable et résistez à l’aiguille »… Facile à dire « résistez à l’aiguille », surtout vue la taille de l’aiguille la seule chose que l’on a envie de faire c’est de s’échapper. Mais bon en sachant que tout faux mouvement pourra provoquer la paralysie je m’efforçais d’exécuter tout ce que le médecin me disait. La douleur était aigue et à peine supportable. Je me forçais de toutes mes forces pour ne pas bouger et de garder cette position très inconfortable, surtout que mon enfant me déformait le ventre et était très très agité. Puis elle a dit : « ça y est ! le cathéter est en place. Je vais doucement enlever l’aiguille. Respirez profondément et restez calme… ». J’ai ensuite senti que le médecin a fixé quelque chose à mon dos, avant qu’elle ne rajoute : « voici le bouton que vous pourriez appuyer dès lors que la douleur revient. L’anesthésie va marcher d’ici 15 minutes. N’hésitez pas à nous appeler si vous vous sentez pas bien ». Et dans les dizaines de minutes qui ont suivies la douleur s’est estompée jusqu’à la disparition.

 

Au bout de trentaine de minutes je ne sentais plus du tout mes jambes et cela jusqu’à 6h du matin quand j’ai commencé à frissonner, à avoir froid et à trembler. C’est plus tard que j’ai appris que ces frissons et les tremblements étaient des effets secondaires. Sur le coup je croyais que c’est ma peur inconsciente qui me donnait des frissons et me faisait trembler. Même si j’avais retrouvé mes sens au niveau des jambes, je n’arrivais toujours pas à les bouger et c’était très troublant et impressionnant. Vers 9h du matin les effets d’anesthésie ont complètement disparu. Je ne souhaitais plus de réinjecter le produit de peur de ne plus sentir le bébé quand il sortira. Oui, ça faisait mal, oui, j’arrivais à peine à respirer, mais il fallait sentir pour y arriver. Quand vers 10h40 ma 3me sage-femme m’a examiné, elle a enfin prononcé ces mots tant attendu : « ouverture à 10 ! Nous allons commencer l’expulsion ! Alors, prête ? ». J’étais au 7me ciel ! je voulais hurler de joie !!! Enfin ! Après tant d’heures de cauchemar je vois enfin le bout du tunnel… Bon, l’accouchement ne s’est pas déroulé aussi bien que je l’aurai voulu. On m’a sondé plusieurs fois, on a essayé de faire sortir mon enfant à l’aide de la ventouse, des forceps, des cuillères et même les deux mains du médecin. Mon bébé a était mal positionné et au lieu de pousser avec la tête il avait le menton en avant. C’est pour ça que tous ces ustensiles et des mains ont étaient utilisés.

 

Le temps s’est arrêté au moment où mon bébé est sorti ! Il avait ses yeux grands ouverts, les cheveux très longs et le regard perçant. C’est à ce moment que j’ai compris que le pire était derrière nous ! Notre garçon était là ! Tout beau ! Tellement magnifique ! Mon mari n’arrêtait pas de demander si c’était normal qu’il soit sorti avec d’aussi grands yeux bien ouverts. Le sentir sur mon ventre c’était tellement magique ! Mon mari n’a pas coupé le cordon car le médecin paraissait très préoccupé et qu’il fallait faire vite. Dès lors que le cordon a été coupé les sages-femmes l’ont ramené dans une autre pièce. Puis elles me l’ont redéposé sur le ventre avec ses cris stridents. Je fondais sous son charme ! Il a immédiatement pris mon sein et n’arrêtait de me regarder tout en tétant.

 

La douleur a complètement disparu dès que mon garçon s’est retrouvé sur mon ventre. Je voyais le médecin me coudre après avoir retiré le placenta. Mais je ne sentais plus rien, sauf cet amour qui me replissait le corps. C’est à peine croyable à quel point le corps d’une femme est intelligent et comment les hormones gèrent la douleur.

 

Tout le monde me disait que dans quelques heures j’allais avoir très mal, mais ça n’est jamais arrivé ! J’ai super bien récupéré. Le seul bémol de la péridurale qui me dérange encore c’est la douleur au dos. Je suis très souple par nature et je pratiquais le sport depuis le plus jeune âge. Mais depuis mon accouchement je n’arrive plus de me débarrasser de cette douleur qui m’empêche de pratiquer le sport comme avant. Je ne peux plus me pencher en avant ou de pivoter le haut du corps. Les médecins disent que ça va passer au bout de 8 mois après la naissance. Nous sommes déjà à 10 mois et ça n’a toujours pas disparu !

 

Mis à part cette douleur je reste convaincue que ma décision était la bonne vue les circonstances !

 

N’hésitez surtout pas de partager votre expérience et vos pensées sur le sujet ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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