Ma grossesse – mon combat : cancer ou pas?

July 11, 2019

(Partie 2)

Après 2 années et 5 mois de tentatives je découvrais enfin à quoi ressemble le + sur le test de grossesse que je testé quasiment chaque mois… Ma tête était pleine de questions et d’hésitations. C’était comme un rêve que je faisais enfin éveillée. Mais en sachant à quel point mon mari attendait ce petit j’étais sûre qu’il allait annoncer à tout le monde si je lui disais. J’ai donc décidé de ne rien dire avant le jour de St Valentin.

Sauf que…

Le 29 décembre était une date à double sens ! Le plus beau jour et le plus terrifiant à la fois. C’était le jour où j’ai découvert que le petit cœur bat dans mon ventre et ce même jour j’ai remarqué une boule en intra-claviculaire très suspecte. Je suis une vraie hypocondriaque ! Cette boule dure comme un os m’a sérieusement préoccupé. Comment une telle chose peut apparaitre en une seule journée ?! Est-ce dangereux ? Qu’est-ce que c’est ? J’ai effectué pas mal de recherches sur les forums de santé, mais malheureusement je n’ai pas trouvé un seul cas qui ressemblait au mien. Etant en Espagne et n’ayant pas de carte de santé européenne je ne pouvais pas consulter un médecin, surtout que c’était la période des fêtes de fin d’année. Je ne peux même pas vous expliquer dans quel état d’angoisse j’ai été. J’avais mes billets pour Paris vers 16 janvier, mais à cet instant précis je me demandais si c’était bien de patienter et de laisser cette maladie aussi étrange qu’elle soit se développer dans mon corps. J’ai trouvé une application française qui permettait avoir une consultation avec un médecin à distance. J’ai payé un abonnement d’un mois pour avoir des consultations sans limites et avoir un avis d’un spécialiste. Mais ce n’était pas une si bonne idée, car le médecin généraliste qui m’a consulté n’a fait que m’inquiéter encore plus en me disant que cela pouvait être très sérieux et qu’il fallait consulter un spécialiste et faire une batterie d’analyses…

 

 

Visite chez un médecin

Le 3 janvier 2018 j’ai annoncé à mon époux que j’attendais un enfant. C’est tellement émouvant de regarder la vidéo encore et encore pour redécouvrir toute émotion et la confusion qu’il a ressenti au moment de l’annonce et les 25min qui ont suivis. J’aurai voulu faire cette annonce comme je l’ai planifié le 14 février, mais vue les circonstances il était vraiment important qu’il me soutienne et qu’il me remonte le moral. Le jour même il a réussi à trouver un médecin généraliste à Malaga qui demande 150€ pour la consultation. Cette consultation la plus chère de toute ma vie m’a complètement plombé le moral. Comment réagir quand le médecin te dit : « Cette grosseur en intra claviculaire vue son aspect et sa vitesse d’apparition a tout à fait l’air d’un cancer ! Dommage pour vos jolis cheveux, vous allez les perdre pendant la chimio thérapie. Comment ça vous êtes enceinte ? De 4 semaines vous dites ? Vous ne pourriez pas le garder ! Le cancer et la grossesse ne font pas un bon ménage… Mais ne vous inquiétez pas, je vais vous adresser à mes confrères qui vous feront des analyses et le traitement. ». Je suis sortie de chez médecin dans un état seconde et je me suis effondrée en larmes à l’accueil face à ma petite sœur qui m’a accompagné. Elle était tellement furieuse en apprenant le diagnostic du médecin. Elle m’a rappelé que dans le passé, lorsque mon grand-père a eu le cancer des poumons, les médecins ont tout d’abord effectué un grand nombre d’analyses avant d’annoncer à la famille et non au grand-père le cancer qui rongeait.

 

 

Retour sur Paris: verdict flue

Après une très long discussion avec mon mari nous avons pris la décision de rentrer sur Paris pour faire des analyses et consulter de vrais médecins et non pas des charlatans qui cherchent des pigeons à plumer. Les deux mois qui ont suivis ont étaient juste infernaux ! Chaque changement m’inquiétait 1000 fois plus que ce que ça aurait pu être en temps normal. J’ai contacté un généraliste très compétent : Dr Moché Assouline. Il était surpris de la dureté de la grosseur qui rappelait un os. Mais à cet endroit précis il ne pouvait pas avoir de l’os, donc il m’a envoyé pour une échographie en urgence. A 2 pas de son cabinet j’ai effectué une échographie de la boule, mais le résultat n’est pas concluant : la grosseur de 42x28mm très vascularisée, la ponction à effectuer d’urgence. J’ai donc eu rapidement un rdv pour la ponction. Je ne savais pas ce que c’était comme examen et ce n’est pas plus mal, car si je savais à quoi m’attendre je n’y serais pas allée… Sans anesthésie locale un médecin a introduit une aiguille qui avait l’air d’une râpe et le deuxième médecin me tenait fort contre le siège. J’étais terrifiée, mais je ne bougeais pas de peur que ça tourne mal par ma faute, après tout la boule était fortement vascularisée… Cet examen a duré vingtaine de minutes qui m’ont paru une éternité. Quelle déception était d’apprendre par la suite que le résultat de la ponction n’était pas concluant non plus. La spécialiste qui a effectué le prélèvement m’a informé que le liquide dans la boule sentait les chaussettes et que les examens laissent un doute de 50% que ça soit le cancer.

Cette nouvelle m’a mis à chaise ! Dr Moché m’a adressé vers un des meilleurs spécialistes en chirurgie faciale pour voir ce qu’il pouvait découvrir. Ce médecin étant très demandé j’ai pu avoir un rdv dans les 2 semaines qui ont suivis en expliquant ma situation particulière de grossesse et de doute de cancer. Après la consultation et des examens manuels sur la grosseur le Dr m’a prescrit un IRM en urgence, mais étant donné que j’étais enceinte le IRM est interdit… Donc après pleins de coups de fils qu’il a passé à tous ses confrères ils m’ont informé d’une décision très surprenante : garder la boule jusqu’à mon accouchement ! Il fallait que je la surveille de manière quotidien et si elle ne grossit plus pas d’inquiétude à avoir. 

 

 

 

Des mois d'incertitude et…

 

En parallèle j’avais pas mal de petits bémols que je relayais constamment à la boule : j’avais du mal à marcher, je m’essoufflais rapidement, j’avais mon cœur qui battait trop vite, j’étais tout le temps fatiguée. Après des analyses j’ai appris que je faisais une hyperthyroïdie et que ça n’avait rien à avoir avec la fameuse boule en intra-claviculaire. Ce qui était surprenant, c’est que mon médecin m’a traité le cœur et non l’hyperthyroïdie. Enfin ce qui compte, c’est que ça m’a aidé. Toute au long de ma grossesse je ne faisais que surveiller cette grosseur et j’appréhendais énormément le moment après l’accouchement où il faudra passer sous le scalpel de chirurgien. Le ménage à trois a bien marché : mon bébé, ma boule et moi. Au fur et à mesure du temps qui passait je me suis tellement habituée à cette boule que j’ai même arrêté d’avoir peur de ce que cela pouvait être. Il y avait 2 situations dans lesquelles cette grosseur était gênante : je n’arrivais plus à faire certaines poses de yoga car la boule bloquait et faisait super mal, elle était aussi très moche sur les photos. A part ça tout allait bien. Quand les gens autour de moi me demandaient si j’avais peur de l’accouchement, je disais n’arrivais pas à me décider ce qui me faisait plus peur l’accouchement ou ce qui m’attendait après… Heureusement la taille de la grosseur n’a pas changé tout au long de l’évolution de ma grossesse. J’ai pu accoucher en 35 longues heures pour serrer enfin dans mes bras mon garçon de 3kg680 ! Les jours qui ont suivi la naissance de mon bébé je n’avais plus de temps libre pour me rendre à l’hôpital pour effectuer des analyses demandées. Et 3 mois plus tard je me suis rendue compte que la boule a diminué de taille de manière très significatif. Aujourd’hui mon garçon est âgé de 9 mois et je n’ai plus du tout de grosseur. Je n’arrive même pas à croire. Finalement je me dis que mon mari avait raison quand il a supposé que c’était tout simplement lié au chamboulement hormonal lié à la grossesse. Mon généraliste est de même avis. Mon histoire tordue avec des soupçonnes de cancer qui a démarré le 29 décembre 2017 est enfin terminée ! Je suis stupéfaite ! La grossesse est vraiment une explosion pour le corps de femme qui provoque des réactions différentes. Maintenant je comprends pourquoi il est recommandé d’espacer les grossesses d’au moins 2 ans. Le corps de femme a besoin de récupérer après un tel travail de création ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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